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Actualités
du droit de l'environnement
23-07-08
Adoption de la loi sur la responsabilité environnementale
Le 22 juillet, l'assemblée
nationale a définitivement adopté la loi relative
à la responsabilité environnementale. Ce texte transpose
en droit français la directive n° 2004/35 du 21 avril
2004 qui établit un cadre commun de responsabilité
en cas d'atteintes graves à l'environnement. Il s'appuie
sur le principe « pollueur-payeur » et prévoit
que l'exploitant d'une activité professionnelle, reconnu
responsable de dommages causés à l'environnement,
doit financer les mesures de prévention ou de réparation
des dégâts, lesquelles étaient jusque-là
à la charge de l'État.
La loi consacre la notion de préjudice
écologique et reconnait aux collectivités locales
le droit de se constituer partie civile dans les affaires de pollution.
La répression des pollutions marines est renforcée.
12-07-08
Restauration collective de l'Etat : l'utilisation de produits bio
est encouragée
Une circulaire encourage la consommation
de produits biologiques dans les services de restauration des administrations
de l'Etat et des établissements placés sous tutelle.
L'objectif est d'introduire 15% de denrées bio d'ici 2010
et 20% en 2012. Des annexes précisent les conditions de passation
des marchés publics et des délégations de service
public en la matière.
Circulaire du 2 mai 2008 (J0 20 mai, p. 8151)
08-07-08
Sur la responsabilité de l'Etat français
suite à l'accident de Tchernobyl
Une personne vivant à Evreux, souffrant d'un cancer de la
thyroïde imputé aux retombées de Tchernobyl,
a souhaité engager la responsabilité de l'Etat pour
faute. Elle estimait que l'Etat français avait commis une
faute en n'informant pas pleinement les populations de la réalité
de la situation et en ne prenant pas les mesures sanitaires qui
s'imposaient.
La Cour administrtive d'appel de
Paris a rejeté sa demande. Le lien de causalité n'était
pas démontré, notamment eu égard à la
faiblesse des doses efficaces de rayonnement reçues à
l'Est de la France. Dès lors, "à supposer même
que les autorités administratives françaises auraient
commis, dans la gestion de la crise sanitaire, une faute de nature
à engager la responsabilité de l'Etat, la requête
de Mme X ne peut qu'être rejetée".
CAA Paris, 19 mars 2008, Mme
Ledoux, n° 06PA02185
02-07-08
Pour la CJCE, le pétrole de l'Erika est un déchet
Saisie d'une question préjudicielle par la Cour de cassation,
la Cour de Justice des Communautés Européennes a jugé
que "des hydrocarbures accidentellement déversés
en mer à la suite d'un naufrage, se retrouvant mélangés
à l'eau ainsi qu'à des sédiments et dérivant
le long des côtes d'un Etat membre jusqu'à s'échouer
sur celles-ci, constituent des déchets (...) dès lors
que ceux-ci ne sont plus susceptibles d'êtres exploités
ou commercialisés sans opération de transformation
préalable".
Le coût de l'élimination
de ces déchets (y compris le nettoyage des plages) incombe,
en application du principe pollueur-payeur (art. 15 de la directive
n° 75/442) :
- au propriétaire du navire en tant que "détenteur
du déchet",
- au vendeur et affréteur du navire en tant que "producteur
des déchets" si le juge national aboutit à la
conclusion que ce vendeur-affréteur "a contribué
au risque de survenance de la pollution occasionnée par ce
naufrage, en particulier s'il s'est abstenu de prendre les mesures
visant à prévenir un tel événement telles
que celles concernant le choix du navire".
Si les frais d'élimination
dépassent le plafond d'indemnisation du FIPOL, le producteur
des déchets pourra donc être tenu de supporter le surcoût.
CJCE, 24 juin 2008, Cne de Mesquer / Total France SA
et Total International Ltd, aff. C-188/07
25-05-08
Adoption de la loi sur les OGM
La loi relative aux Organismes génétiquement
modifiés à été définitivement
adoptée le 22 mai 2008. Elle prévoit notamment la
liberté de produire "avec ou sans OGM", la mise
en place d'un Haut conseil des biotechnologies, la responsabilité
de plein droit de l'exploitant agricole cultivant des OGM en cas
de contamination supérieure à 0,9%. La loi prévoit
également un registre national et public indiquant "la
nature et la localisation des parcelles culturales" d'OGM,
ainsi qu'un délit spécifique de destruction de cultures
OGM autorisées. Le Conseil constitutionnel a été
saisi de ce texte.
23-04-08
Adoption de la directive sur la qualité de l'air
La Commission européenne
a adopté le 14 avril 2008 une directive concernant la qualité
de l'air ambiant et un air pur pour l'Europe. La directive fusionne
quatre directives précédentes et une décision
du Conseil en une unique directive sur la qualité de l’air.
Elle fixe des normes et des dates butoir pour la réduction
des concentrations de particules fines, PM2.5 qui, au même
titre que les particules plus grosses connues sous le code PM10
déjà réglementées, comptent parmi les
polluants les plus dangereux pour la santé humaine.
En vertu de la directive, les États membres seront tenus
de réduire, d’ici à 2020, l’exposition
aux PM2.5 en zone urbaine de 20 % en moyenne par rapport aux chiffres
de 2010.
La nouvelle directive établit de nouveaux objectifs en ce
qui concerne les particules fines PM2.5 sans modifier les normes
de qualité de l'air existantes. Elle accorde toutefois aux
États membres une plus grande souplesse pour le respect de
certaines de ces normes dans les secteurs où cela leur est
difficile.
La directive sera publiée au Journal officiel de l'UE en
mai 2008 parallèlement à une déclaration de
la Commission concernant le stade d'élaboration et d'adoption
d'autres mesures de lutte contre les émissions provenant
de diverses sources. Les Etats membres disposeront de deux ans pour
la transposer en droit national.
11-04-08
La liberté d'expression des associations de défense
de l'environnement reconnue par la Cour de cassation
Dans deux arrêts du 8 avril 2008 (n° 06-10961 et 07-11251),
la Cour de cassation a donné raison à l'association
Greenpeace, attaquée par les sociétés Esso
et Areva.
Dans la première affaire,
l'association avait détourné le logo sous la forme
E$$O pour dénoncer l'opposition de la société
américaine au protocole de Kyoto. Esso avait perdu en première
instance. La cour de cassation confirme : "l’usage
d’éléments des marques renommées distinguant
les produits et services de la société Esso, sous
une forme modifiée résumant ces critiques dans un
contexte polémique, constituait un moyen proportionné
à l’expression de telles critiques".
Dans la seconde affaire l'opposant
à Areva, l'association avait, sur son site internet, reproduit
le A de Areva en l'associant à une tête de mort et
au slogan "Stop plutonium - l'arrêt va de soi" placé
sur le corps d'un poisson mort. En appel, l'association avait été
condamnée à 1 € de dommages et intérêts
et à la cessation de la mise en ligne. La Cour de cassation
a censuré l'arrêt de la Cour d'appel de Paris au visa
des articles 1382 et 10 de la Convention européenne des droits
de l'homme (liberté d'expression). Elle a estimé que
l'association "agissant conformément à son
objet, dans un but d’intérêt général
et de santé publique par des moyens proportionnés
à cette fin, n’avait pas abusé de son droit
de libre expression".
Ces décisions importantes
constituent une garantie de liberté d'expression pour toutes
les associations de défense de l'environnement.
8-04-08
La société Véolia condamnée
pour pollution des eaux du Lot
Par un arrêt du 22 janvier
2008 (n° 07-83041), la cour de cassation a confirmé la
culpabilité de la société Véolia Eau-CGE
pour pollution d'eaux douces (violation de l'article L. 432-2 du
code de l'environnement) et la condamnation à 8000 €
d'amende.
La Cour a précisé
les éléments constitutifs de l'infraction : l'élément
matériel est constitué même si aucun cadavre
de poisson n'a pu être trouvé, même si le milieux
pollué est exempt de poisson. Il suffit que la pollution
ait pu avoir pour effet de détruire le poisson, de nuire
à sa nutrition, à sa reproduction ou à sa valeur
alimentaire. En l'espèce, les analyses ne laissaient "aucun
doute sur le caractère néfaste des effluents".
Quant à l'élément moral, il ne nécessite
pas une intention coupable, mais une simple carence en matière
de contrôle et d'entretien du réseau d'assainissement.
20-03-08
OGM : le Conseil d'Etat confirme la clause de sauvegarde
contre le MON810
Par une ordonnance du 19 mars 2008,
le Conseil d'Etat a rejeté la demande de suspension de l'arrêté
du 7 février 2008, déposée notamment par l'Association
générale des producteurs de maïs. Cet arrêté,
pris par le ministre de l'agriculture et de la pêche, visait
à interdire sur le territoire national la mise en culture,
en vue de la mise sur le marché, des variétés
de semence de maïs issues de la lignée de maïs
génétiquement modifié "MON 810" jusqu’à
ce qu’il ait été statué sur la demande
de renouvellement de mise sur le marché de ces variétés.
Le Conseil d'Etat a notamment jugé que la Haute autorité
sur les organismes génétiquement modifiés "a
disposé des compétences nécessaires pour rendre
son avis, lequel fait état de plusieurs données nouvelles
relatives aux atteintes à l’environnement résultant
de cet organisme génétiquement modifié".
Le ministre pouvait donc considérer que les éléments
nouveaux pouvaient être regardés comme un risque grave
pour l’environnement.
La clause de sauvegarde, fondée
sur l'article 34 du règlement communautaire n° 1829/2003
du 22 septembre 2003, pouvait ainsi être légalement
mise en oeuvre. Pour mémoire, cet article dispose : "Lorsqu’un
produit autorisé par le présent règlement ou
conformément à celui-ci est, de toute évidence,
susceptible de présenter un risque grave pour la santé
humaine, la santé animale ou l’environnement (et
qu'il) apparaît nécessaire de suspendre ou de modifier
d’urgence une autorisation, des mesures sont arrêtées
conformément aux procédures visées aux articles
53 et 54 du règlement (CE) n° 178/2002".
Une décision sur le fond,
dont la date n'est pas encore renseignée, suivra cette ordonnance
de référé.
> Lien vers l'ordonnance
du Conseil d'Etat
01-02-08
Une nouvelle directive sur la prévention et la réduction
intégrées des pollutions
Une directive, qui établit un cadre général
de principes pour la prévention et la réduction intégrées
des pollutions, est publiée. Elle prévoit les mesures
visant à éviter et, lorsque cela s’avère
impossible, à réduire les émissions des activités
dans l’air, l’eau et le sol, y compris les mesures concernant
les déchets, afin d’atteindre un niveau élevé
de protection de l’environnement dans son ensemble.
Les directives 84/360/CEE et 96/61/CE sont abrogées.
> Dir. 2008/1/CE du 15 janv. 2008 : JOUE n° L 24, 29 janv.,
p. 8
31-01-08
Le refus du préfet d'engager la procédure
de désignation d'un site Natura 2000 est susceptible de recours
en annulation.
Les critères d'inscription sont fixés par
l'article L. 414-1 du Code de l'environnement. En l'espèce,
le Conseil d'Etat a confirmé l'annulation du refus concernant
les dunes de Bréville (Manche). Il a retenu que ces dunes
étaient reconnues d'intérêt national par le
Muséum national d'histoire naturelle, qu'elles étaient
en bon état de conservation, qu'elles avaient été
retenues à l'inventaire des ZNIEFF de Basse-Normandie, que
la présence en leur sein d'habitats naturels d'intérêt
communautaire n'était pas contestée et que la seule
circonstance qu'elles comportent des équipements publics
n'était pas de nature à justifier leur exclusion du
périmètre du site (CE, 16 janvier 2008, Ministre
de l'écologie c/ Association Manche Nature, n° 292489).
17-01-08
Affaire Erika : par un jugement du 16 janvier 2008, le
TGI de Paris condamne Total et indemnise le préjudice écologique
Le pétrolier Total, l'armateur et le gestionnaire italiens,
Giuseppe Savarese et Antonio Pollara, et la société
de classification RINA ont été reconnus coupables
de pollution des eaux et condamnés à l'amende maximale
de 375 000 €.
Les coupables devront en outre verser 192 millions €
à l'ensemble des parties civiles, à plusieurs titres
: réparation de l'atteinte à l'image de marque pour
les collectivités locales, réparation du préjudice
moral et matériel. Le préjudice écologique
est également indemnisé au bénéfice
de l'association LPO et du département du Morbihan. Une belle
victoire... à suivre.
30-11-07
Sanctions pour la pollution maritime : dernière
piqûre de rappel adressée à la France
La Commission européenne a adressé des avis
motivés à huit États-membres, dont la France,
pour n’avoir pas entièrement transposé la directive
2005/35/CE du Parlement européen et du Conseil, du 7 septembre
2005, notamment concernant les sanctions appliquées aux responsables
de rejets polluants en mer. Il s’agit de la dernière
étape avant qu’elle saisisse la Cour de Justice des
Communautés Européennes d’un recours.
15-11-07
Procès Métal Blanc, la mise en danger d'autrui
reconnue en cassation
Par un arrêt du 30 octobre 2007, la chambre criminelle de
la Cour de cassation a tranché deux points importants concernant
la mise en danger d'autrui suite à une pollution en provenance
d'une installation classée.
L'article 223-1 du code pénal sanctionne la mise en danger
d'autrui par le non-respect d'une obligation de sécurité
ou de prudence imposée par la loi ou le règlement.
Premièrement, la Cour de cassation a jugé que la mise
en danger peut résulter de la violation d'un arrêté
préfectoral d'autorisation (acte individuel) dans la mesure
où ledit arrêté est pris en application d'un
texte réglementaire. Deuxièmement, elle a assoupli
l'appréciation du lien de causalité entre le risque
subi et les fautes reprochées à l'exploitant en jugeant
que cet article n'exige pas que les fautes reprochées soient
la cause exclusive du danger.
31-10-07
Installations classées en infraction : le préfet
est tenu de mettre en demeure
Le Conseil d’État, dans une décision du 9 juillet
2007 (CE, 9 juill. 2007, n°288367, Ministère de l’écologie
c/ Sté Terrena), a jugé que le préfet
avait compétence liée pour édicter une mise
en demeure, lorsque l’inspection a constaté l’inobservation
d’une condition d’exploitation. Cette importante décision
a fait l’objet d’une circulaire ministérielle
de commentaire (circulaire du 3 août 2007, non publiée
au BO).
28-09-07
Erika : la Cour d'appel de Paris se penche sur la question
de l'immunité diplomatique soulevée par le RINA
Sans surprise la Cour d'appel de Paris a déclaré
irrecevable l'appel formé par la société RINA
contre la décision du président du tribunal correctionnel
de Paris de joindre au fond l'incident tiré de l'immunité
diplomatique (CA Paris, 4 juillet 2007, n° 07/01162).
Toutefois la Cour est allée plus loin dans la définition
des contours de l'immunité diplomatique en précisant
que celle-ci ne peut être invoquée, le cas échéant,
que par des nationaux du pays qui invoque cette immunité.
Or tel n'est pas le cas en l'espèce puisque la société
RINA qui revendique l'immunité diplomatique au nom de la
délégation de pouvoirs que lui a accordé l'Etat
de Malte n'est pas une société maltaise mais italienne.
Le principe ainsi posé par la Cour d'appel de Paris est d'importance
car il a vocation à s'appliquer à toutes les sociétés
de certification qui agissent pour le compte des micro Etats qui
accordent des pavillons de complaisance sans avoir les moyens d'assurer
eux-mêmes le pouvoir de certification et de contrôle
des flottes qui battent ce pavillon.
Téléchargez un extrait de l'arrêt ici
10-09-07
Information en matière d'environnement : les documents
préparatoires sont communicables
Dans un arrêt du 7 août 2007 (n° 266668),
le Conseil d'Etat a jugé qu'était communicable un
avis de la commission départementale des sites. Le préfet
du Morbihan refusait la communication du document sur le fondement
de l'article L. 124-1 du code de l'environnement, lequel exclut
la communication de "documents préparatoires à
une décision administrative tant qu'elle est en cours d'élaboration".
Il estimait que l'avis était un document préparatoire
au permis de construire en cours d'élaboration. Le Conseil
d'Etat a considéré que ces dispositions sont incompatibles
avec celles de la directive 90/313, qui limitent la possibilité
de communication d'informations environnementales au seul cas où
celle-ci porte sur des documents "inachevés".
La nouvelle directive 2003/4, qui abroge la directive 90/313, prévoit
une dérogation au droit de communication en matière
de "documents en cours d'élaboration ou des documents
inachevés". Le principe dégagé par le
Conseil d'Etat demeure sans doute valable au regard de ce texte.
6-09-07
Gouvernance mondiale de l'environnement : le projet
d'ONUE progresse
Une vingtaine de ministres et de
représentants des affaires étrangères ont ouvert,
lundi 3 septembre à Rio, une réunion pour tenter d'accélérer
la création d'une Organisation des Nations Unies pour l'Environnement
(ONUE). D'après Jean-Louis Borloo, ministre du développement
durable, une résolution portant création de l'ONUE
pourrait être présentée à l'assemblée
générale des Nations Unies cet automne. La Chine,
l'Inde, la Russie et le Pakistan, plutôt réticents
au départ, participaient à la réunion préparatoire
28-06-07
Nitrates en Bretagne, nouvelle saisine de la Cour
de justice par la Commission européenne
Une directive communautaire de 1975 limite le taux de nitrates à
50 mg/l dans les eaux de surface destinées à la production
d'eau potable. En vigueur depuis 1987, cette obligation n'est toujours
pas respectée par la France en Bretagne.
La Commission juge insuffisants les efforts français. Elle
a saisi la Cour de justice aux fins de voir condamnée la
France à une amende de plus de 28 millions d'euros, assortie
d'astreintes journalières de 117 882 euros.
5-06-07
Dans l'affaire de l'Erika, le procureur Laurent Michel
a rendu son réquisitoire :
- Sur le délit de pollution accidentelle
Condamnation de MM Savarese (propriétaire de l’Erika),
Pollara (gestionnaire de l’Erika)
Condamnation du RINA (Société de classification de
l’Erika), Total SA (propriétaire de la cargaison, affréteur
au voyage du navire), Total Petroleum Services (filiale de Total),
Total Transport Corporation (filiale de Total)
- Sur le délit de mise en danger de la vie d’autrui
Condamnation de MM Savarese (propriétaire de l’Erika),
Pollara (gestionnaire de l’Erika)
Condamnation du RINA (Société de classification de
l’Erika)
- Sur le délit de complicité de mise en danger de
la vie d’autrui
Relaxe de Thouilin (ancien directeur département AJCS de
Total SA, ancien Président de Total Transport Corporation),
Relaxe de Total SA (propriétaire de la cargaison, affréteur
au voyage du navire)
Peine demandées :
- Pour Savarese (propriétaire de l’Erika) : le maximum
de peine, à savoir 1 an d’emprisonnement et 75 000
euros d’amende.
- Pour Pollara (gestionnaire de l’Erika) : le maximum de peine,
à savoir 1 an d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.
- Pour le RINA (Société de classification de l’Erika)
: le maximum de peine : 375 000 euros d’amende.
- Pour Total SA (propriétaire de la cargaison, affréteur
au voyage du navire) : le maximum de peine : 375 000 euros d’amende.
- Pour Total Petroleum Services (filiale de TOTAL): le maximum de
peine : 375 000 euros d’amende.
- Pour Total Transport Corporation (filiale de TOTAL): appréciation
laissée à la sagesse du Tribunal, la société
étant une coquille vide.
Pour Mathur (Commandant de l’Erika): 10 000 euros d’amende.
Le détail du réquisitoire sur
le blog
Affaire Erika
25-05-07
Recomposition des compétences du ministère
de l'environnement
Le ministère de l’« écologie, du
développement et de l’aménagement durables »,
dirigé par Alain Juppé, englobera concrètement
quatre pôles opérationnels :
- l’écologie et le développement durable (ancien
ministère du même nom),
- les transports et les déplacements (ancien ministère
des transports),
- l’habitat, l’aménagement urbain (anciennement
dévolus au ministère de l’équipement)
et l’aménagement du territoire (confié auparavant
au ministère de l’intérieur),
- les politiques énergétiques (dévolues auparavant
aux ministères de l’industrie et de l’économie).
Le ministère aura également en charge l’évaluation
transversale des politiques publiques au regard du développement
durable. Une mission d’expertise devrait être très
prochainement lancée sur ce point.
Pour seconder le ministre, Dominique Bussereau a été
nommé secrétaire d’État aux transports.
D’autres postes de secrétaires d’État
seront créés après les élections législatives,
notamment s’agissant de l’écologie.
3-05-07
Entrée en vigueur de la directive sur la responsabilité
environnementale
La directive 2004/35 du 2 avril 2004 sur la responsabilité
environnementale devait être transposée au plus tard
le 30 avril 2007. Jusqu'à présent seules l'Italie,
la Lettonie et la Lituanie se sont acquittées de cette obligation.
Un projet de loi a été présenté en conseil
des ministres le 4 avril 2007. Il appartiendra à la prochaine
législature de débattre de ce texte important, dont
l’objectif est de prévenir ou de réparer les
"dommages graves" causés à la qualité
des eaux de surface et souterraines, à l’état
des sols et aux espèces et habitats naturels protégés.
30-3-07
Ouverture d'un portail dédié à l'information
en santé environnement et santé au travail
Animé par l’Agence française de sécurité
sanitaire de l’environnement et du travail (AFSSET), ce site
(www.sante-environnement-travail.fr) propose un accès facilité
aux documents d’une vingtaine de sites officiels (ministères,
agences, INRS,…). Cette information est notamment organisée
par thématiques (milieux et modes de vie, agents et sources
d’émission, effets sur la santé).
22-3-07
OGM : le Gouvernement a adopté deux décrets et des
arrêtés visant à transposer la directive 2001/18
Le premier décret porte sur les essais en plein champ (décret
n° 2007-358), le second sur l'encadrement et le contrôle
des cultures commerciales (décret n° 2007-359). De nombreuses
questions restent sans réponse, comme le degré de
précision des registres indiquant la localisation des cultures
OGM ou le régime de responsabilité des producteurs
en cas de contamination.
Les sanctions demandées par la Commission européenne
pour retard de transposition (de près de cinq ans) demeurent
cependant d'actualité (38 millions d'euro, plus une astreinte
journalière de 360 000 euro). La France avait déjà
été condamnée par la Cour de justice des communautés
européennes en juillet 2004.
De nombreuses associations et députés regrettent que
le projet de loi dans ce domaine ait été abandonné.
Ils appellent le Gouvernement à réinscrire le projet
à l'ordre du jour de l'Assemblée.
1-03-07
Expérimentation d'OGM en plein champ : quatorze
projets sont mis en consultation du 20 février au 13 mars
2007
Les dossiers décrivant ces projets et les avis rendus par
la Commission du génie biomoléculaire sont accessibles
sur l’internet (www.ogm.gouv.fr).
Les commentaires peuvent être envoyés pour chaque dossier
pendant la durée de la consultation au moyen de formulaires
accessibles à partir du même site, dans la rubrique
« Expérimentations en France », puis «
Consultation du public ».
1-02-07
Mise en oeuvre de la réforme des autorisations
d'urbanisme
Le décret d'application de l'ordonnance n°
2005-1527 du 8 décembre 2005 relative au permis de construire
et aux autorisations d'urbanisme est paru. Le décret n°
2007-18 du 5 janvier 2007 modifie la partie réglementaire
du Code de l'urbanisme. Il a notamment pour objectif de clarifier
le droit de l'urbanisme en précisant le champ d'application
des diverses autorisations et de limiter l'insécurité
juridique.
26-12-06
Adoption de la loi sur l'eau
Après huit années de débats, le projet de loi
sur l’eau et les milieux aquatiques a été adopté
définitivement le 20 décembre 2006. Autour
de 1150 articles, le texte regroupe les 39 lois précédentes
relatives à la gestion du patrimoine aquatique.
Le texte prévoit des mesures favorisant l'accès à
l'eau et la protection de la ressource, telle que :
- l'interdiction de certaines pratiques agricoles en zones humides,
zones d'érosion diffuse et zones de captage,
- une redevance pollutions diffuses sur les produits phytosanitaires,
dont le taux est fonction de leur écotoxicité, en
remplacement de la taxe générale sur les activités
polluantes (TGAP),
- un crédit d'impôt de 25% pour tout particulier installant
un dispositif de récupération d'eau de pluviales,
- une tarification progressive ou dégressive, qui permettra
aux communes à fortes variations saisonnières de population
d'ajuster leur offre, et ainsi de permettre la sauvegarde de leur
patrimoine hydraulique.
Mais le texte ne modifie pas les grandes lignes de la politique
de l'eau. Il continue de privilégier la dépollution
de l'eau au détriment de la prévention des pollutions.
De plus, l'application du principe pollueur-payeur ne progresse
pas. Les agriculteurs, consommateurs à hauteur de 68% de
la ressource (80% pendant l'été) voient leur redevance
passer de 1% à... 4%. Résultat : le budget des agences
sera toujours alimenté à plus de 80 % par les ménages.
Les premiers décrets d'application de la loi paraîtront
dès janvier 2007.
14-12-06
Adoption de la réglementation REACH
Après 3 années d'intenses négociations,
la réglementation "enregistrement, évaluation
et autorisation des substances chimiques" a été
adoptée en deuxième lecture par le Parlement européen.
Elle devrait être confirmée lors du Conseil Environnement
du 18 décembre, pour une entrée en vigueur le 1er
juin 2007.
Le futur règlement et la future directive figurent parmi
les textes les plus complexes et volumineux du droit communautaire.
Le règlement, qui compte plus de 700 pages, remplace près
de quarante textes législatifs en vigueur. Il permettra d'évaluer
la sécurité d'environ 30 000 substances mises sur
le marché avant 1981, année depuis laquelle des demandes
formelles d'autorisation sont exigées. La quantité
des informations à soumettre dépendra de la dangerosité
de la substance, de la quantité produite ou importée
et du degré d'exposition à celle-ci, en commençant
par les substances les plus dangereuses et les gros tonnages.
Diverses réactions se sont faites entendre. L'eurodéputée
verte Marie Anne Isler Béguin estime que "La seule
certitude est que le PE a échoué à assurer
la substitution obligatoire des substances toxiques dans les produits
de consommation et pour lesquels une alternative plus sûre
existe. Ce faisant, le Parlement a manqué l’occasion
de garantir aux consommateurs une meilleure protection contre ces
substances chimiques, à la seule fin de garantir des profits
à court terme pour l’industrie chimique. (...)
Maintenant que le texte législatif a été
adopté, le diable sera dans le détail de la mise en
œuvre de ces règles. Alors qu’il y a davantage
de données disponibles sur les substances chimiques que précédemment,
il reste à voir si cela améliorera effectivement la
protection contre ces substances dangereuses. Ce qui est préoccupant,
c’est que contrairement à la transparence de la phase
législative, la mise en œuvre cruciale de REACH promet
d’être un processus opaque dans lequel l’industrie
chimique aura une influence énorme".
L'association Greenpeace juge pour sa part que la portée
de Reach est limitée car la substitution n'est pas obligatoire
pour les substances dites "avec seuil", c'est-à-dire
les cancérigènes, les mutagènes, les reprotoxiques
et les perturbateurs endocriniens pour lesquels on estime que les
risques sont suffisamment limités en dessous d'un certain
seuil. Par ailleurs, le compromis exempte des tests pertinents les
entreprises qui produisent ou importent certaines substances en-dessous
de 10 tonnes/an. Cela aurait pour effet de "maintenir l'ignorance
sur 60 % des 30 000 substances couvertes par Reach".
30-11-06
Rapport de l'Institut national de veille sanitaire
sur l'incinération
Dans un rapport attendu, l'InVs a rendu publics les résultats
de deux études épidémiologiques sur les fumées
émises par les unités d'incinération d'ordures
ménagères. Il en ressort que le risque de développer
un cancer s'accroît avec l'exposition aux fumées d'incinération.
Selon le degré d'exposition, le risque constaté augemente
de 4,8% à 6,9% pour le cancer du sein et de 6,8% à
9,7% pour le cancer du foie.
Le rapport conclut à l'existence d'un "lien statistique
significatif entre l'exposition aux panaches des incinérateurs
pendant la décennnie 1980-1990 et l'augmentation de certains
cancers dans les années 1990". Il se veut néanmoins
rassurant pour la période actuelle, notamment en raison de
la nouvelle norme de 0,1 ng de dioxine par m3, en vigueur depuis
fin 2005.
Lien vers le rapport ici
16-11-06
Directive sur la responsabilité environnementale
: consultation du public sur les textes de transposition
La directive 2004/35/CE du 21 avril 2004 sur la responsabilité
environnementale en vue de la prévention et de la réparation
des dommages environnementaux (JOUE L 143 du 30 avril 2004) doit
être transposée au plus tard le 30 avril 2007. Le gouvernement
invite le public à donner son avis sur les textes de transposition.
Lien vers la page dédiée à la consultation,
ici.
10-10-06
Diagnostic de performance énergétique
: les arrêtés d'application
Deux arrêtés du 15 septembre 2006 sont consacrés
au nouveau diagnostic de performance énergétique,
exigible lors de la signature des ventes d'immeubles à compter
du 1er novembre 2006.
Un arrêté du 15 septembre 2006 concerne les diagnostics
de performance énergétique pour les bâtiments
existants. Il distingue les règles applicables aux maisons
individuelles, d'une part, et aux immeubles collectifs, d'autre
part. Parmi les immeubles collectifs, ceux qui sont à usage
d'habitation connaissent des règles spécifiques, par
rapport à ceux qui ne sont pas à usage d'habitation.
Doivent notamment figurer les informations relatives à :
- l'identification du bâtiment :
- un descriptif des principales caractéristiques thermiques
et géométriques des logements
- la quantité des d'énergie nécessaire au chauffage,
à la production d'eau chaude
- l'évaluation du montant de frais de consommation,
- la quantité indicative de gaz à effet de serre
- la quantité d'énergie renouvelable
- des recommandations de travaux à réaliser.
Un modèle de diagnostic figure en annexe du présent
arrêté.
Un autre arrêté du 15 septembre 2006 est relatif aux
méthodes et procédures applicables au DPE pour les
bâtiments existants proposés à la vente. Il
concerne particulièrement les personnes chargées du
diagnostic et les méthodes qu'elles adoptent.
26-09-06
Mise en ligne du registre européen des émissions
de polluants
La Commission européenne a mis en ligne, depuis
le 18 septembre dernier, le premier inventaire européen des
substances polluantes émanant des établissements industriels.
L'EPER contient des données sur les principales émissions
de polluants dans l'atmosphère et dans l'eau déclarées
par environ 10 000 grandes et moyennes entreprises industrielles
implantées dans 15 États membres de l'Union européenne
et en Norvège. Cinquante polluants sont répertoriés.
Toutes les données d'émissions transmises sont accessibles
au public à travers le site Web EPER hébergé
par l'Agence européenne pour l'environnement à Copenhague.
Le site fournit également une description de chacune des
substances, de leur utilisation, des principales sources d'émission
et de leurs impacts sur la santé humaine et l'environnement.
Pour accéder au site du Registre européen des émissions
de polluants, cliquez
ici.
18-09-06
Le Conseil d'Etat précise la portée
de la Charte de l'environnement
Dans un arrêt du 19 juin 2006 (Association
Eau et rivière de Bretagne, n° 282456), le Conseil
d'Etat pose le principe selon lequel "lorsque
des dispositions législatives ont été prises
pour assurer la mise en oeuvre des principes énoncés
aux articles 1, 2 et 6 de la Charte de l'environnement de 2004,
(...) la légalité des décisions administratives
s'apprécie par rapport à ces dispositions, sous réserve,
s'agissant de dispositions législatives antérieures
à l'entrée en vigueur de la charte de l'environnement,
quelles ne soient pas incompatibles avec les exigences qui découlent
de cette charte". La solution retenue, certes non inédite,
revient à restreindre la portée de la Charte à
"ce qu'en dit la loi".
Dans une décision du 4 août 2006 (CRILAN,
n° 254948), le Conseil d'Etat juge pour la première fois
que le principe de prévention posé par l'article L.
110-1 du Code de l'environnement peut être utilement invoqué
à l'encontre d'une décision administrative. A l'instar
du principe de précaution, le juge administratif procède
en cette matière à un contrôle restreint.
13-09-06
Le nouveau Code des marchés publics est entré
en vigueur le 1er septembre dernier
(cf. Décret n° 2006-975, 1er août 2005)
Il confirme une orientation adoptée depuis 2004, offrant
aux collectivités territoriales une palette d’outils
juridiques complète permettant d’intégrer des
considérations environnementales dans leurs achats publics.
L'article 5 du Code dispose désormais que "La nature
et l'étendue des besoins à satisfaire sont déterminées
(...) en prenant en compte des objectifs de développement
durable".
Lire l'article de Louis-Narito Harada sur ce sujet
:
>
"La boîte à outils de l'achat public écologique"
Revue Lamy Collectivités Territoriales, sept. 2006,
p. 87 à 90 (pdf)
15-07-06
Précisions sur les conditions de création
des "zones de développement éolien"
La circulaire du 19 juin 2006 précise les modalités
de mise en œuvre des zones de développement éolien
(ZDE) prévues par la loi n° 2005-781 du 13 juillet 2005
fixant les orientations de la politique énergétique.
Depuis le 14 juillet 2005, les éoliennes situées en
métropole ne peuvent bénéficier de l’obligation
d’achat selon les dispositions de l’article 10 de la
loi n° 2000-108 du 10 février 2000 que si elles dont
situés dans des ZDE. Des dispositions transitoires sont applicables
jusqu’au 14 juillet 2007.
Il appartient aux communes ou aux établissements publics
de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité
propre de soumettre une ZDE au préfet. L’instruction,
d’une durée de 6 mois, donne lieu à différents
avis techniques. En cas de refus du préfet, la décision
doit être motivée. Un bilan de mise en œuvre de
la circulaire est attendu le 15 juillet 2007.
30-06-06
Adoption d'une nouvelle loi sur le nucléaire civil
La loi n° 2006-686 du 13 juin 2006 relative à la "transparence
et la sécurité en matière nucléaire"
rappelle qu’en application du principe de participation et
du principe pollueur-payeur, toute personne a le droit d’être
informée sur les risques liés aux activités
nucléaires et leur impacts négatifs. Les coûts
de prévention et d’analyses sont supportés par
les responsables de ces activités, lesquels doivent établir
chaque année un rapport d’information et procéder
à un examen de sûreté tous les dix ans (art.
29 III.).
Il est créé un "Haut Comité pour la transparence
et l’information sur la sécurité nucléaire"
et une autorité administrative indépendante dénommée
"Autorité de sûreté nucléaire".
Cette dernière détient des pouvoirs réglementaires
et de contrôle en matière de radioprotection, participe
à l’information du public en complément des
commissions locales d’information situées auprès
de tout site comprenant une Installation nucléaire de base.
La loi prévoit des dispositions dérogatoires à
législation sur les installations classées, des règles
applicables au transport de substances radioactives, des contrôles
et mesures de police et des sanctions pénales. En vu de respecter
les seuils minimaux du protocole du 12 février 2004 à
la Convention de Paris, la responsabilité de l’exploitant
pour dommages nucléaires causés par chaque accident
est portée à 700 millions €.
21-06-06
La "loi de programme relative à la gestion durable des
matières et des déchets radioactifs" a été
définitivement adoptée le 15 juin 2006.
Le texte prévoit de stocker les déchets
les plus dangereux en couche géologique profonde et organise
la création d'un site de stockage réversible. Le Parlement
a accru l'encadrement de la procédure de création,
en imposant l'organisation d'un débat parlementaire préalable
à l'autorisation du centre de stockage, ce débat "fixant
les conditions de la réversibilité", après
avis des collectivités territoriales et de l'Autorité
de sûreté nucléaire (ASN).
La loi prévoit également de continuer
les recherches sur la "séparation-transmutation"
(transformation des éléments radioactifs pour diminuer
leur durée d'activité) et l'entreposage de long terme
(100 à 300 ans au lieu des 50 à 100 ans actuels).
Elle détermine enfin les conditions de financement de la
gestion des déchets et du démantèlement des
installations, l'accompagnement économique local et confirme
l'interdiction de stocker en France des déchets nucléaires
étrangers.
31-05-06
Le décret n° 2006-578 du 22 mai 2006 modifie légèrement
les textes réglementaires en matière d'évaluation
environnementale (I), d'enquête publique (II) et de droit
d'accès à l'information relative à l'environnement
(III). Synthèse des principales modifications.
(I) La nouvelle version de l'article R. 122-12 du Code de l'environnement
impose que lorsqu'un projet nécessite une étude d'impact
et qu'aucune consultation du public n'est prévue par la réglementation,
l'étude d'impact doit être mise à la disposition
du public par le maître de l'ouvrage pendant un mois (15 jours
s'il s'agit d'une notice d'impact).
(II) L'article R. 123-6 du Code de l'environnement est modifié
afin d'exiger que les avis nécessaires rendus par une autorité
administrative soient inclus dans le dossier d'enquête publique.
(III) Le droit d'accès à l'information relative à
l'environnement est désormais réglementé par
les articles R. 124-1 à R. 124-5 du Code de l'environnement.
Le délai de réponse des autorités publiques
à une demande d'information relative à l'environnement
est fixé à un mois. Les autorités publiques
doivent mettre à la disposition du public la liste des services,
organismes, établissements publics ou personnes qui exercent
des missions de service public en rapport avec l'environnement.
12-05-2006
Alors que le projet de loi sur les OGM est débattu au Parlement,
le juge administratif renforce le droit à l'information en
la matière.
Par un jugement du 4 mai 2006, le Tribunal administratif de Clermont-Ferrand
a annulé deux autorisations d'essais de maïs génétiquement
modifié délivrées à la société
Meristem Therapeutics au motif que "ni le dossier de demande
d'autorisation de dissémination volontaire ni les fiches
d'information destinées au public ne mentionnent la localisation
précise des sites concernés par l'opération".
Le Tribunal administratif de Clermont-Ferrand va ainsi plus loin
que le Conseil d'Etat (cf ci-dessous) en exigeant que l'information
bénéficie également au public. Ont en outre
été relevées les insuffisances du droit français
au regard du droit communautaire en ce qui concerne l'évaluation
de l'impact des essais sur la santé et l'environnement et
la consultation du public (TA Clermont-Ferrand, 4 mai 2006, Association
CRII-GEN, n° 0500999) (le
jugement en pdf).
03-5-2006
Le Conseil d'Etat annule deux autorisations d'essais
de maïs OGM pour manque d'information sur la localisation précise
des essais (CE, 28 avril 2006, Fédération des
syndicats agricoles MODEF, n° 274458 et 274459).
Dans le dossier technique soumis pour avis à la commission
du génie bio-moléculaire, la société
pétitionnaire Monsanto s'était contentée d'indiquer
la liste des régions envisagées pour la conduite des
essais (pays de Loire, Poitou-Charente, Centre, Rhône-Alpes,
Midi-Pyrénées, Aquitaine). Le Conseil d'Etat a souligné
que la commission doit se prononcer "sur l'ensemble des
éléments déterminants de l'évaluation
des risques, ce qui implique la connaissance de l'implantation géographique
de chacun de ces sites". Cette irrégularité
substantielle a pour effet de rendre illégales les autorisations
délivrées par le ministre de l'agriculture. Le Conseil
d'Etat juge ainsi que les interactions des OGM avec leur environnement
dans un lieu donné doivent faire l'objet d'une évaluation
sérieuse. Cette avancée ne tranche cependant pas la
question des informations fournies au public en matière de
localisation des cultures OGM.
05-4-2006
Le tribunal correctionnel de Brest a condamné le capitaine
du navire "Maersk Barcelona" à une peine d'amende
de 800 000 Euros à la suite d'un dégazage survenu
au large de l'île de Sein le 20 septembre 2005. Il s'agit
de la plus forte amende jamais prononcée en France pour des
faits de dégazage. L'amende est toutefois proportionnée
à la pollution qui est également particulièrement
importante puisqu'elle couvre une surface de plus de 6 millions
de mètres carrés.
10-3-2006
Coexistence de cultures génétiquement
modifiées/agriculture conventionnelle et biologique : les
mesures adoptées par les États membres sont rendues
publiques.
Selon les conclusions d’un rapport de la Commission
européenne, l’élaboration d’une législation
communautaire concernant cette coexistence ne semble pas se justifier
à l’heure actuelle, compte tenu de l’expérience
limitée acquise en matière de cultures génétiquement
modifiées et de la nécessité de conclure le
processus de mise en place de mesures au niveau national.
15-2-2006
Dans l'affaire du Clemenceau, le Conseil d'Etat a
jugé le 15 février que le navire amianté devait
être qualifié de déchet dangereux. Le Président
Chirac se voit obligé de rapatrier en France ce déchet
dangereux exporté illégalement vers l'Inde.
Le Tribunal administratif de Paris avait été saisi
par plusieurs associations, dont Greenpeace, d'une demande de suspension
de l'exportation du Clémenceau en Inde.
Il a rejeté la demande au motif qu'il ne voyait
pas de doute sérieux quant à la légalité
de la décision contestée. Le Conseil d'Etat a annulé
l'ordonnance du TA de Paris en jugeant qu'il "résulte
des dispositions [du règlement du 1er février 1993
sur la surveillance et le contrôle du transfert des déchets
dans la communauté européenne] et quelle que soit
la qualification, d'élimination ou de valorisation de déchets,
retenue pour l'opération tendant au désamiantage et
à la démolition de la coque de l'ex porte-avion Clemenceau,
que le moyen tiré de la méconnaissance du règlement
du 1er février 1993 est de nature à créer un
tel doute". En urgence, il a
donc suspendu la décision d'exportation du navire. Prenant
acte de cette décision, le Président Chirac a décidé
de rapatrier le navire en France.
9-2-2006
Le Conseil des ministres a adopté hier le projet de loi sur
les OGM visant à transposer en droit français la directive
2001/18 sur la dissémination volontaire d'OGM dans l'environnement.
7-2-2006
Mesure d'aide à l'agriculture biologique
Un crédit d'impôt est institué
par la loi d'orientation agricole pour les entreprises agricoles
au titre des années comprises entre 2005 et 2007 au cours
desquelles au moins 40% de leurs recettes proviennent d'activités
ayant fait l'objet d'une certification en agriculture biologique.
Cette aide devrait s'élever à 25 millions d'euros
en 2006 et concerner près de 13 000 exploitants agricoles.
cf Code
général des impôts, art. 244 quater L,
créé par la loi n° 2006-11 du 5 janv. 2006, art.
75-1°
1-2-2006
Simplification des autorisations d'urbanisme
Une ordonnance
du 8 décembre 2005 (lien)
clarifie le droit de l'urbanisme en réduisant le nombre des
autorisations applicables et en précisant leur champ d'application.
Les 11 régimes d'autorisation existants sont ramenés
à 3 permis : permis de construire, permis d'aménager
et permis de démolir. Un décret à venir comprendra
une liste de travaux pour lesquels une simple déclaration
suffira.
21-1-2006
Le projet de loi sur les OGM est en ligne sur internet
Il est téléchargeable
sur le site web de France Nature Environnement (www.fne.asso.fr).
En l'état, la question relative à l'information et
la consultation du public est renvoyée à l'adoption
d'un décret. En cas de contamination supérieure à
0,9%, l'indemnisation proviendra d'un fonds de garantie abondé
par les cultivateurs d'OGM (et non par les semenciers). La commission
de génie génétique, la commission de l'étude
de la disémination des produits issus du génie biomoléculaire
et le comité de biovigilence sont fusionnés au sein
d'un nouveau conseil des biotechnologies.
6-1-2006
Déchet-amiante : la Cour suprême indienne estime que
l'importation du Clémenceau en Inde est contraire à
la Convention de Bâle.
Selon l'AFP, une commission de la Cour suprême indienne a
estimé qu'autoriser la fin du désamiantage et le démantèlement
en Inde du porte-avions français Clemenceau «violerait»
la convention de Bâle sur le contrôle des mouvements
transfrontières des déchets dangereux, sans toutefois
prendre de décision finale. Selon le président de
la commission de contrôle des déchets dangereux en
Inde, G. Thyagarajan, «Le navire restera hors des eaux indiennes
jusqu'à ce qu'une décision soit prise et la décision
sur l'avenir du bâtiment sera prise dans deux semaines».
17-12-2005
OGM : projet de transposition de la directive européenne
déposé au Conseil d’Etat.
Le projet de loi sur les OGM, qui doit permettre à la France
de se mettre en conformité avec la directive 2001/18, vient
d'être déposé au Conseil d'Etat, a-t-on appris
le 16 décembre auprès du ministère de l'Agriculture.
La date limite pour l'adoption de la législation française
avait été fixée au 17 octobre 2002. Plusieurs
fois rappelée à l'ordre par la Commission européenne,
la France a déjà été condamnée
dans cette affaire par la Cour européenne de justice en juillet
2004. Une nouvelle plainte vient d'être déposée
contre la France et l'Allemagne.
7-12-2005
Déchets : la Cour de cassation confirme que le combustible
usé est bien un déchet au sens du droit commun.
Dans un arrêt du 7 décembre 2005, la Cour de cassation
a rejeté le pourvoi de la Cogema dans une affaire qui l'opposait
à l'association Greenpeace. Alexandre FARO, qui défendait
l'association, se félicite de cette jurisprudence capitale
: " Cet arrêt clarifie enfin le statut juridique de ces
matières et ouvre de nouvelles perspectives de recours puisqu'il
permet de mettre en cause le stockage à long terme des déchets
étrangers tel que le pratique la Cogema depuis des années".
21-11-2005
Le projet de règlement REACH est voté par le Parlement
européen.
21-11-2005
La définition des meilleures techniques disponibles (MTD)
est fixée.
Dorénavant les valeurs limites d'émissions fixées
dans l'arrêté d'autorisation des installations classées
pour la protection de l'environnement peuvent être fondées
sur les meilleures techniques disponibles dans des conditions économiquement
et techniquement viables.
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